Europe : main basse sur les salaires ,
GRÈCE : DE LA DAMNATION A L'INSURRECTION (solidarité avec les insurgés Grecs)
Site Contretemps : Comment comprendre la crise économique actuelle ? Quelles sont les alternatives du côté de la gauche anticapitaliste et du mouvement social ? Nous avons organisé une table ronde avec les économistes Frédéric Lordon et Michel Husson, le syndicaliste Pierre Khalfa de Solidaire et François Sabado de la LCR. A lire, visionner ou podcaster
Dernièrement, je suis tombé sur une étude forte intéressante. Je vous la fais suivre afin de comprendre une partie de l'histoire du capitalisme.
Pour télécharger le son en mp3 : clic droit sur ce lien puis "enregistrer la cible du lien sous".
1. Contretemps - Quelle est votre appréciation de la crise actuelle ? quelles sont les principaux éléments qui en sont à l'origine ? Bien que la plupart des commentateurs s'accordent à dire que l'on entre en terres inconnues, comment appréhendez vous la période qui s'ouvre ?
Phrase de Frédéric Lordon dans Que faire face à la crise ? | Contretemps – « Cette crise est à la fois spécifique, générique, et singulière. Spécifique, elle l'est par les classes d'actifs et les compartiments de marchés qui sont concernés. On a vu débouler tout un tas de produits financiers dont on ignorait l'existence au moment de l'explosion au printemps 2007 »
Marchés de capitaux déréglementés. Quatre principaux mécanismes sont à l'œuvre
Premièrement, la polarisation mimétique qui résulte du consensus concurrentiel,
Deuxièmement, l'aveuglement au désastre qui conduit les opérateurs à abandonner le modèle notionnel de l'optimisation combinée rendement/risque qu'ils distordent vers de la maximisation simple.
Troisièmement, la mobilisation intense des effets leviers
. Et, quatrièmement, au moment où la crise éclate, la course à la liquidité. Face à la crise 1ere partie (table ronde réalisée le 20/10/2008)
Troisièmement , les conséquences et les liens que l'on peut en tirer.

Extrait source Citoyenactif
Un système mondialisé, ou les place boursières Wall Street à Francfort en passant par la City sont devenus de véritable paradis fiscaux ou passe toutes les masses d'argents y compris de la fraudes, des régimes despotiques. Un système si déconnecté et fous que l'on a du mal a imaginer. La situation ne cesse de se déconnecter entre l'économie dit réelle et irréelle.
Les statistiques américaines ne sont pas au top « ».l'évolution du prix des maisons individuelles aux Etats-Unis. Les ventes de logements neufs ont également subi un sévère coup d'arrêt.
▪ Une hausse coûte que coûte pour clôturer janvier».
Marché, si il y avait besoin de le dire est déconnecté : « ».
- Manipulation des cours :.
- La question des algorithmes « »..
- Orchestrer un mouvement directionnel et de doper la volatilité, « ».
▪ Les petites valeurs veulent claquer la porte des marchés« » !
▪ Vers une nouvelle recapitalisation des banques ?la mise en oeuvre d'un second plan de recapitalisation des banques. Cela serait mis en place via un nouveau LTRO à trois ans (et avec un taux unique de 1%) mais qui serait cette fois-ci d'ampleur illimitée !
Un millier de milliards d'euros (d'après certains économistes de banques) pourraient être déversés d'ici fin février dans le système bancaire européen — après 490 milliards d'euros le 20 décembre. En revanche, il n'y a aucune garantie qu'ils s'investiront dans l'économie réelle puisqu'illes partenaires européens devront ressortir leur chéquier pour prêter de l'argent qu'ils ne possèdent pas d'ici la date butoir du 13 février prochain ».
Tout allait beaucoup mieux pour les Etats-Unis et beaucoup moins mal pour l'Europe début 2011. Mais Wall Street vient de renouer avec ses sommets de mai dernier alors quela Fedinjectait 75 milliards de dollars par mois dans le système financier.
Pour paraphraser une célèbre publicité, nous pouvons résumer la situation boursière en ce début de mois de février 2012 par un “ça va moins bien, mais c'est plus cher”
Michel Husson – Je suis globalement d'accord avec Frédéric. Concernant la question de savoir si le capitalisme aujourd'hui est la réalisation parfaite du capitalisme mon idée est la suivante : la déréglementation, notamment de la sphère financière et du marché du travail, va dans le sens du meilleur fonctionnement possible du capitalisme de son point de vue. Il y a en revanche peut être un point de désaccord concernant l'endettement des ménages. Le fait générateur, c'est le recul de la part salariale. D'autant que le profit additionnel qui provient du recul de la part des salaires n'est pas investi
Concernant l'endettement des ménages, il y a un modèle qui est particulier aux États-Unis où une sorte de super croissance a été tirée par une consommation plus rapide que la production. Or il est clair aujourd'hui que ce modèle là ne pourra pas redémarrer sur les même bases. Pour autant, il n'y a pas de modèle de rechange disponible spontanément compte tenu de l'état des rapports de forces sociaux. Concrètement, cela signifie qu'il faudrait aux États-Unis mettre fin aux inégalités extrêmes qui sont la contrepartie nécessaire du mode de croissance jusqu'alors en vigueur. Or la situation sociale ne permet pas d'imposer ça et, parmi les options politiques, ce n'est que très marginalement porté par le programme d'Obama. On est donc dans une sorte d'impasse où le modèle qui est central dans l'articulation de l'économie mondiale ne peut plus fonctionner sans qu'il y ait de modèle de rechange immédiatement disponible
Un modèle envisageable sur le papier serait un nouveau fordisme avec une forte pression salariale, recentré sur la demande intérieure et où les revenus financiers seraient rétrécis comme ils l'étaient dans les années 1960 et 1970. Mais il n'est pas cohérent avec les rapports de forces sociaux actuels et l'on ne peut pas compter sur une auto-réforme des classes possédantes
François Sabado – Une question essentielle est de savoir si cette crise représente un tournant historique. En suivant l'approche par la longue durée proposée par d'Ernest Mandel, on peut se demander si l'on ne touche pas aux limites historiques du système. L'onde longue qui a débutée à la fin de la seconde guerre mondiale a connu sa phase d'expansion jusque dans les années 1970 et depuis une phase récessive dont la crise actuelle pourrait marquer la fin. En effet, on est entré dans une période de forte instabilité systémique avec 5 crises majeures en 5 ans. La capacité de rebond du système est mise à rude épreuve, l'ouverture de nouvelles voies d'expansion, en particulier avec le développement éventuel du marché intérieur chinois, apparaît aujourd'hui comme la variable clé. La fin de la phase récessive d'une onde longue ne débouche pas mécaniquement sur la crise finale du système. Tant qu'il n'y a pas d'alternatives, le capitalisme trouvera des solutions pour se relancer
Pierre Khalfa – Il y a beaucoup de points d'accord mais aussi beaucoup de points d'interrogation. Le point d'accord principal c'est l'idée qu'on assiste à une crise du modèle d'accumulation néolibéral. La racine de cette crise vient d'une déformation du partage de la richesse produite aux dépens des salariés, combinée à une déréglementation de la finance instituée par les gouvernements à partir des années 1980. Concernant l'avenir du capitalisme le point déterminant, ce sont les luttes. Comme l'a dit François, pour que le capitalisme disparaisse, il faudra quelqu'un pour l'abattre. De plus, c'est un système extrêmement flexible, avec une capacité de transformation extraordinaire. On a ainsi pu passer du capitalisme concurrentiel au capitalisme fordiste qui sont deux formes de capitalisme radicalement différente, mais cela s'est fait aussi en partie sous la pression de mouvements politiques et sociaux et alors que le système pouvait se sentir en danger. Or, pour le moment, il n'y a aucun mouvement capable de poser des alternatives qui forcent le système à se transformer comme le communisme a été capable de le faire au 20ème siècle
Frédéric Lordon – Au sujet de la perpétuation de l'hégémonie de la puissance américaine, je partage l'analyse de Pierre mais seulement sur le court terme. Si ceci arrivait la contradiction serait alors complète : croissance faible, sous-emploi et disparition des degrés de libertés de la politique économique qui permettent normalement d'accommoder ça. C'est pour cela qu'à plus long terme l'hégémonie étasunienne est sur une pente descendante irréversible. On est ainsi en attente d'un candidat de substitution, la Chine, qui n'est pas encore complètement mûr, mais qui dès qu'il le sera raflera la mise
2. Ce qui semble être une grande crise du capitalisme néolibéral produit des déplacements politiques rapides et spectaculaires. Dès le mois de mars 2008, à propos du sauvetage de la banque d'affaire Bear Stearns, Martin Wolf écrivait dans le FT « Remember Friday March 14 2008: it was the day the dream of global free- market capitalism died ». Quelques mois plus tard, alors que les gigantesques opérations de sauvetage du système financiers étaient enclenchées William Buiter, dans un blog tenu sur le site du même journal, n'hésitait pas à pointer l'absence de justification de la propriété privée des institutions financières affirmant « .... Du point de vue des prises de position politique il y a aussi une rapide évolution des discours : Ségolène Royal affirmait par exemple le 15 octobre qu'il faut « s'attaquer au problèmes des paradis fiscaux et du secret bancaire pour de bon» tandis que François Fillon appelle à la « disparition » des paradis fiscaux « comme le prélude à la reconstruction du système financier international ». Comment appréciez vous ces évolutions politiques ? peut-on parler de la fin de l'hégémonie idéologique néolibérale ? annonce t-elle un glissement à gauche du débat économique tant en France qu'au niveau international ?
Michel Husson – On assiste à une débâcle idéologique du discours néolibéral qui se matérialise par la disqualification d'un certain nombre d'idée clés. Il ne faut pas se priver d'enfoncer le clou car cela permet de marquer des points idéologiques qui auront des conséquences concrètes dans la période qui s'ouvre.
Mais dans l'immédiat, il faut insister sur le fait que si les discours évoluent, dans les actes rien n'a changé. la faveur de la crise s'opère donc une véritable mise à nue des priorités de ce système. Il s'agit même d'une véritable obscénité lorsque l'on rapporte les sommes engagées pour sauver la finance à celles qui seraient nécessaires pour atteindre les objectifs de développement du millénaire en terme d'accès à l'eau potable, à une alimentation suffisante, à la santé et à une éducation primaire
La crise produit aussi une véritable déstabilisation du social-libéralisme. Les sociaux-libéraux sont finalement à la remorque des discours de la droite. Enfin, ils ne sont pas crédités d'une capacité à mener des politiques alternatives. Je considère ainsi qu'il n'existe pas de point d'équilibre des politiques possibles pour un programme social-démocrate : soit les politiques s'alignent sur la finance en concédant des aménagements très marginaux et de ce point de vue la droite et le PS ne se distinguent pas substantiellement ; soit, une véritable remise en cause du capitalisme financiarisé est engagée, mais alors cela implique un degré de rupture avec les règles du jeux qui est bien supérieur au niveau de confrontation que les partis sociaux-démocrates considèrent comme envisageable. Par conséquent, il existe un vaste espace pour une offre politique ajustée au niveau de rupture nécessaire
Dans un tel contexte, deux éléments peuvent permettre de rebondir pour esquisser une alternative radicale. En premier lieu, l'idée de nationalisation est remise au centre du débat public. Évidemment, leurs nationalisations à eux ne sont que partielles, provisoires et sans contreparties : il ne s'agit que de renflouer les pertes avec de l'argent public pour mieux rendre les banques au privé lorsqu'elles seront de nouveau profitables tout en prétendant qu'au final cela sera pourrait rapporter une plus-value au contribuable
L'autre idée importante concerne directement la question des profits. Il n'est pas admissible qu'en 2009 les entreprises continuent à payer des dividendes et que pour pouvoir le faire elles imposent un blocage des salaires ou des licenciements au prétexte de la crise. Il faut donc traiter le problème à la source et mettre en place des mécanismes de transferts depuis les dividendes vers les salaires et les budgets sociaux. C'est aussi un réponse plus fondamentale à la crise










Algérie
France
Belgique
Portugal
États-Unis